Mucoviscidose : de nouveaux traitements très prometteurs Optimiser la transplantation pulmonaire : une autre piste probante

augmenter le nombre de greffons exploitables : tel est le but des techniques de
Augmenter le nombre de greffons exploitables : tel est le but des techniques de régénération employées actuellement. © Bergringfoto - Fotolia.com

Beaucoup de patients atteints de mucoviscidose auront besoin, un jour ou l'autre, d'une greffe de poumons, les leur ayant été détruits par la maladie. Le problème : c'est qu'il y a beaucoup plus de malades en attente d'une greffe que de donneurs qui remplissent les conditions optimales. Or, les médecins spécialistes sont très exigeants quant à la qualité des greffons : ils doivent être en très bon état pour que la greffe ait une chance de fonctionner. En outre, il ne doit pas s'écouler plus de 6 h entre le prélèvement et la greffe, ce qui laisse peu de temps pour étudier le greffon et le transporter. Autant de problématiques qui expliquent que l'an dernier environ 10 % des patients "muco" inscrits sur la liste d'attente d'organes sont décédés faute de greffon disponible.

"C'est pourquoi il nous fallait agir sur plusieurs plans, explique le Dr Edouard Sage, membre du groupe de transplantation pulmonaire à l'hôpital Foch. Bien sûr, d'un côté, il faut sensibiliser à l'importance du don d'organes. De l'autre, il faut trouver des solutions alternatives et c'est ce que plusieurs équipes ont fait en tentant de rendre exploitables des greffons jusqu'alors jugés de trop piètre qualité."

Résultats prometteurs

En effet, au vu des conditions drastiques mises en place, moins de 16 % des donneurs d'organes peuvent réellement donner leurs poumons. Beaucoup de malades sont passés en réanimation, par exemple. Les poumons étant des organes très fragiles et sensibles aux infections, beaucoup sont ainsi écartés. "Aujourd'hui, grâce à de nouvelles techniques, nous commençons à considérer les donneurs avec des scores moins bons", explique Edouard Sage.

Il ne s'agit bien évidemment pas de prendre des risques. Au contraire, l'équipe travaille en amont pour améliorer la qualité du greffon. Une équipe canadienne a repris une technique suédoise qui consiste à placer les poumons dans un incubateur afin d'améliorer leur fonctionnement. Les résultats sont très encourageants : non seulement le taux de survie est identique à celui des patients greffés avec de "bons poumons", mais il semblerait que les suites opératoires soit améliorées grâce à cette technique.

L'équipe du Dr Sage vient de mettre en place une étude sur le même thème. But affiché : greffer 20 patients de cette façon d'ici deux ans. Quatre patients ont déjà reçu des poumons "rénovés" et pour l'instant les résultats sont très satisfaisants.

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