Acouphènes : ce n'est pas une fatalité ! Un symptôme parfois lourd à porter

lorsqu'il devient handicapant, l'acouphène peut conduire à la dépression et à
Lorsqu'il devient handicapant, l'acouphène peut conduire à la dépression et à l'isolement. © Piotr Marcinski - Fotolia.com

L'acouphène en lui-même est totalement bénin. La plupart du temps, on ne découvre même rien d'anormal sur le plan physiologique malgré toute une batterie d'examens. Pourtant, ses conséquences peuvent être désastreuses sur la vie de ses victimes.

"Certaines personnes vont très bien vivre avec. D'autres voient leur vie gâchée, note Roselyne Nicolas, présidente de l'association France acouphènes. Lorsque le bruit devient envahissant, il peut entraîner une véritable détresse psychologique, voire une dépression, dans les cas les plus graves."

Poussés à l'extrême, les acouphènes peuvent empêcher certains malades de travailler, voire de tout simplement sortir de chez eux. "C'est surtout vrai pour les personnes qui souffrent d'hyperacousie", note Roselyne Nicolas. Certaines sons sont amplifiés à un point qui devient insupportable : la seule solution pour le malade devient alors d'éviter au maximum tous ces sons, ce qui passe pas un isolement maximum.

Moins tabou aujourd'hui

Une situation d'autant plus difficile à vivre que ce handicap ne se voit pas. Physiquement, d'abord : rien ne distingue une victime d'acouphène d'une personne non malade. Physiologiquement ensuite : la plupart du temps, on ne sait pas déterminer l'origine exact de ces bruits que personne n'entend. Difficile, dans ces circonstances, de faire comprendre aux autres ce que l'on vit : beaucoup de connaissance et même de proches ont encore tendance à considérer l'acouphène comme une sorte de caprice ou de bizarrerie, alors qu'il s'agit d'un vrai symptôme, qu'elle qu'en soit la cause.

Heureusement, depuis quelques années, la communication médiatique aidant, les acouphènes sont de mieux en mieux reconnus comme une "vraie maladie". Le sujet est moins tabou, on n'accuse plus leurs victimes "d'entendre des voix, comme Jeanne d'Arc". Reste à faire reconnaître la maladie comme une affection de longue durée (ALD), pour les personnes lourdement handicapée. Pour l'instant, cette reconnaissance en tant qu'ALD assimilée ne se fait qu'au cas par cas, au bon vouloir des médecins conseil de l'Assurance maladie.

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