Envie fréquente d'uriner : quelles sont les causes de la pollakiurie ?

Vous avez sans cesse envie de faire pipi ? c'est peut-être une pollakiurie, qui n'est pas une maladie en soi, mais un symptôme présent dans plusieurs pathologies urinaires. Elle se définit par une envie plus fréquente d'uriner et une fréquence anormalement élevée des mictions.

Envie fréquente d'uriner : quelles sont les causes de la pollakiurie ?
© Piyapong Thongcharoen - 123RF

Définition : qu'est-ce que la pollakiurie ?

Le terme "pollakiurie" signifie un besoin d'uriner trop fréquemment, parfois plusieurs fois par heure, souvent à cause d'une fausse impression de vessie pleine. La quantité d'urine émise au cours d'une journée n'est cependant pas augmentée, les mictions sont juste de plus petit volume. Parallèlement, d'autres signes de troubles de la miction peuvent être présents, comme la nécessité de forcer pour uriner, ou l'existence de gouttes retardataires, de fuites, ou de brûlures.

Plusieurs maladies inflammatoires, comme l'urétrite, la cystite ou la prostatite peuvent entraîner une pollakiurie. Des affections prostatiques, notamment l'hypertrophie bénigne de prostate ou le cancer de la prostate, sont souvent suspectées chez l'homme. Des maladies causant une hyperactivité du muscle détrusor, le muscle de la miction, sont également des causes fréquentes. Enfin, des origines psychologiques sont possibles.

Pollakiurie diurne

La pollakiurie diurne survient essentiellement la journée. Elle est évaluée par la fréquence à laquelle le patient doit se rendre aux toilettes pour uriner. Cette impression est généralement due à une irritation au niveau d'un organe des voies urinaires. Les causes d'irritation sont très nombreuses :

  • inflammation de la vessie appelée "cystite" (classiquement nommée "infection urinaire"),
  • prostatite, inflammation de la prostate,
  • hypertrophie bénigne de prostate chez l'homme.

Pollakiurie nocturne

La pollakiurie nocturne gêne essentiellement la nuit, et se quantifie par le nombre de levers nécessaires pour aller uriner. L'hypertrophie bénigne de prostate se découvre classiquement par cette pollakiurie nocturne.

Envie fréquente d'uriner et MST

La pollakiurie est un symptôme très fréquent des maladies sexuellement transmissibles (MST). En général on retrouve aussi des écoulements purulents, voire sanguins, en dehors des mictions, associés à des brûlures mictionnelles, et des démangeaisons de l'organe génital. Deux principaux germes sont en cause : Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae (gonocoque), mais d'autres germes sont possibles.

Envie fréquente d'uriner pendant la grossesse

La pollakiurie est très fréquente chez la femme enceinte et peut survenir dès le début de la grossesse. Elle est due aux changements hormonaux et à la pression de l'utérus sur la vessie et elle cesse après l'accouchement. Pendant la grossesse, la pollakiurie diurne touche 59 % des futures mamans au cours du 1er trimestre, 61 % pendant le 2e et 81 % en fin de grossesse. La pollakiurie concerne 66 % des futures mamans au cours du 3e trimestre. En cas de symptômes associés comme des brûlures ou des écoulements, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin traitant pour rechercher une infection à traiter sans tarder.

Envie fréquente d'uriner et diabète

Au cours du diabète apparaît un syndrome poly-uropolydipsique, c'est à dire une augmentation des apports liquidiens (polydipsie) associée a un volume urinaire journalier (diurèse) supérieur à 50 ml/kg/jour (polyurie). Il ne s'agit pas d'une pollakiurie, qui correspond à une augmentation de la fréquence des mictions avec un volume urinaire normal. Le diagnostic repose sur des examens complémentaires, et en particulier le dosage de la glycémie (taux de sucre dans le sang). En cas de diabète avance et surtout de neuropathie diabétique, une pollakiurie peut apparaître à cause d'une atteinte du contrôle neurologique du muscle détrusor.

Envie fréquente d'uriner et infection urinaire

L'infection urinaire se définit par la présence d'un besoin impérieux d'uriner, d'une pollakiurie, de brûlures mictionnelles, voire même de sang dans les urines. Le diagnostic est conforme par bandelette urinaire positive et un ECBU.

Envie d'uriner et sciatique

Dans le cas d'une compression du nerf sciatique, l'inconfort et l'hypersensibilisation pelvienne (pouvant aller parfois jusqu'à une anesthésie "en selle" de la zone génitale), peuvent provoquer des troubles urinaires comme une pollakiurie, et une dysurie.

Envie d'uriner et ménopause

Chez la femme ménopausée, une pollakiurie peut apparaître à cause d'un problème de commande neurologique de l'appareil urologique, et en particulier du muscle détrusor, muscle lisse situé dans la paroi de la vessie. Lorsqu'il est détendu (la plupart du temps), il permet le remplissage passif de la vessie par l'urine en provenance du rein. Mais en cas de micro-contractions anormales, il peut inciter à uriner plus souvent des quantités plus petites d'urine.

Envie d'uriner et mycose

Certaines mycoses vulvaires et/ou vaginales (en particulier a Candida Albicans), peuvent être responsables d'une pollakiurie à cause de l'utérine. Cependant, il ne s'agit pas du seul symptôme, une odeur nauséabonde et des pertes pâteuses inhabituelles sont souvent associées. Un prélèvement est nécessaire pour rechercher le champignon en cause.

Envie fréquente d'uriner chez l'homme  

Chez l'homme, la pollakiurie peut être due à différents troubles de la prostate : un adénome, un cancer ou une prostatite (infection de la prostate). Une consultation médicale et des examens complémentaires sont nécessaires pour faire le diagnostic.

Quand consulter ?

Il est préférable de consulter en cas de miction fréquente (parfois toutes des 15 minutes), courte, avec un volume peu abondant (souvent moins de 100 ml, soit l'équivalent d'un petit verre d'eau), et parfois incomplète.

Diagnostic

Le diagnostic de la pollakiurie est posé à l'interrogatoire du patient. Des examens complémentaires peuvent être réalisés, afin de découvrir la cause de ce symptôme. Il peut s'agir de touchers pelviens, d'un examen uro-génital, d'un examen neurologique, d'un examen cytobactériologique des urines (ECBU), d'un bilan urodynamique, ou d'une échographie des voies urinaires.

Traitements

Pour traiter la pollakiurie, le traitement de sa cause est nécessaire. Selon celle-ci, le traitement passera par des médicaments (antibiotiques, anticholinergiques...), des mesures hygiéno-diététiques, une rééducation, ou des traitements chirurgicaux. Certains médicaments peuvent être précieux (essentiellement les anticholinergiques), mais ils ne sont pas dénués d'effets secondaires (constipation et sécheresse buccale essentiellement).

Il s'agit d'abord de rectifier des comportements aberrants et d'éviter les facteurs irritatifs (alcool, thé, café). Il convient de diminuer ou de modifier le rythme des boissons, de traiter les maladies causales et d'éliminer les obstacles. La rééducation peut être envisagée pour apprendre à retarder le besoin d'uriner.

Si ces mesures échouent, il est possible d'envisager des injections de toxine botulique directement dans le muscle détrusor. Les traitements chirurgicaux par implantation d'un pace maker vésical (neuromodulation) ou les techniques d'agrandissement de la vessie ont leur place dans des instabilités vésicales invalidantes, rebelles aux autres mesures thérapeutiques.

Les conseils du médecin

Les causes infectieuses à l'origine d'une pollakiurie sont souvent accompagnées de saignements dans les urines visibles à l'œil nu et de brûlures mictionnelles. Elle nécessite dans ce cas une consultation rapide avec son médecin, surtout en cas de grossesse.

Envie fréquente d'uriner : quelles sont les causes de la pollakiurie ?
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