Adénome de la prostate : signes, traitements, complications

L'hypertrophie bénigne de la prostate, ou adénome de la prostate, désigne une augmentation anormale de la taille de la glande prostatique. Cette maladie est très fréquente chez les hommes après 50 ans et entraîne de nombreux symptômes : envie fréquente d'uriner, douleurs… Eclairage du Dr Adam Vardi, urologue.

Adénome de la prostate : signes, traitements, complications
© Ivan Shidlovski - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'un adénome de la prostate ?

L'adénome de la prostate, ou hyperplasie bénigne de la prostate, est très fréquente chez les hommes après 50 ans. "Il s'agit d'une augmentation bénigne du volume de cette glande exclusivement masculine. Cela n'entraîne pas forcément de symptômes, mais les plus courants sont les troubles de la miction", explique Adam Vardi, urologue à Neuilly-sur-Seine. Tous les hommes peuvent être concernés, "mais le risque s’accroît avec l'âge", précise le médecin. Pour rappel, la prostate est une glande située sous la vessie et dont la fonction principale est de sécréter un liquide participant à la fluidité du sperme. L'hypertrophie de la prostate ne doit pas être confondue avec le cancer de la prostate (puisque l'adénome n'est pas un état pré-cancéreux), ni avec une prostatite, qui est une inflammation de la prostate d'origine infectieuse.

© Roberto Biasini - 123RF

Causes : génétique, âge...

"On ne connaît pas les causes de cette maladie", déclare d'emblée l'urologue. Il pourrait exister une prédisposition génétique, car certaines familles sont plus affectées que d'autres, mais rien n'est sûr. De plus, la testostérone jouerait un rôle important, mais on ignore encore quels mécanismes entrent en jeu. Il est possible qu'avec l'âge, la prostate devienne plus sensible aux hormones.

Symptômes : saignements, envies d'uriner...

Lorsque la prostate augmente de volume, elle va adresser une pression sur la vessie et sur l'urètre. C'est pourquoi cela peut entraîner des symptômes associés à la miction :

  • des envies d'uriner fréquentes,
  • des besoins urgents avec des fuites parfois,
  • un retard à l'initiation de la miction,
  • la nécessité de pousser pour la débuter,
  • un jet urinaire faible et intermittent,
  • une miction plus longue.

Chez certains hommes, il peut aussi il y avoir une baisse de force à l'éjaculation.

Signes cliniques

L'hypertrophie de prostate se diagnostique à l'aide du toucher rectal, qui permet au médecin d'évaluer la taille et la consistance de cette glande, et ainsi de détecter une grosseur anormale.

Diagnostic : ECBU, PSA...

Outre le toucher rectal, des examens complémentaires peuvent s'ajouter : un examen cytobactériologique urinaire ou une prise de sang avec dosage de l'antigène spécifique de la prostate ou PSA. Une échographie des voies urinaires peut aussi être pratiquée, afin d'évaluer plus précisément le volume de la prostate.

Traitement : soigner un adénome de la prostate

Médicaments

Il n'existe pas de traitement permettant de soigner la maladie. "Néanmoins, la maladie peut être simplement bénigne et ne pas entraîner de symptômes. C'est pourquoi, quand c'est le cas, on peut proposer une simple surveillance". Mais quand le patient ressent des symptômes gênants pour la vie quotidienne, des médicaments peuvent aider à les réduire. Un traitement médicamenteux -première intention à base d'alpha-bloquants - peut réduire les difficultés urinaires, en s'attaquant aux contractions musculaires en majorité responsables des problèmes urinaires. En seconde intention, on a des médicaments appelés inhibiteurs de la 5-alpha-réductase. Ils ont pour effet de dégonfler la glande, et donc de réduire les symptômes en rapport avec la compression de la prostate. Néanmoins, ils ne marchent que sur un patient sur deux et la réduction du volume la prostate n'est pas toujours conséquente. De plus, des effets secondaires peuvent apparaître au niveau de la sexualité.

Chirurgie

Pour le docteur Adam Vardi, les traitements chirurgicaux peuvent être indiqués "dans des cas particuliers : par exemple, quand les symptômes sont trop importants ou qu'il y a des complications". Elles peuvent aussi être demandées par le patient si les traitements médicamenteux se sont soldés par un échec. Deux types d'intervention existent : la chirurgie à ciel ouvert (énucléation), "qui consiste à retirer la partie principale de la prostate", précise le médecin, et la résection transurétrale de la prostate. Cette dernière consiste à cureter les parties hyperplasiées de la prostate sans pratiquer d'incision, mais en introduisant un instrument endoscopique dans l'urètre jusqu'à la vessie.

"Les complications les plus fréquentes sont les infections urinaires"

Complications

"Les complications les plus fréquentes sont les infections urinaires", explique l'urologue. Cela peut causer des dommages aux reins, c'est donc une des situations dans lesquelles il faut opérer. "Le blocage urinaire est aussi une complication, mais plus rare", rassure le spécialiste. 

Prévention

S'il est impossible d'éviter l'hypertrophie de la prostate, il existe néanmoins des moyens pour en prévenir l'aggravation et le retentissement : réduire la prise de boissons le soir et éviter tout ce qui congestionne le petit bassin : alcool, épices, vins blancs, sédentarité, longs voyages en voiture. Maintenir une bonne activité physique est également indispensable.

Merci au Dr Adam Vardi, urologue à Neuilly-sur-Seine.

Adénome de la prostate : signes, traitements, complications
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