Luxation du genou : que faire ?

Une luxation du genou peut survenir après un choc violent ou brutal. Elle nécessite une intervention rapide afin d'éviter les complications nerveuses ou vasculaires. Quels sont les symptômes, causes et traitements ? Le point avec le Dr André Ferreira, chirurgien orthopédiste.

Luxation du genou : que faire ?
© 123RF-Katarzyna Białasiewicz

Définition

Une luxation du genou peut se résumer au déboîtement complet de l'articulation. Elle entraîne quasi systématiquement des déchirures ligamentaires (ligaments croisés et/ou ligament périphériques du genou) mais peut également causer des lésions des vaisseaux poplités ou du nerf sciatique.

Causes

"La plupart des luxations sont consécutives à un choc violent (accident de la circulation, accident sportif) mais elles peuvent également survenir après un traumatisme plus banal telle qu'une torsion du genou en marchant la jambe bloquée dans un trou", explique le Dr André Ferreira, chirurgien orthopédiste. On distingue différents types de luxation selon la direction dans laquelle le tibia se déplace par rapport au fémur ; la plus fréquente est la luxation antérieure mais elle peut être également postérieure ou latéro-médiale.

Symptômes

La luxation provoque :

  • une déformation visible du genou,
  • une impotence totale ou sub totale (le patient ne peut réaliser certains mouvements tels que la flexion ou l'extension),
  • des douleurs intenses qui doivent être traitées par une prise charge rapide incluant la réduction de la luxation ("remise en place des parties articulaires").

"Le patient peut perdre partiellement ou totalement la sensibilité de sa jambe ou celle-ci peut également ne plus avoir sa coloration habituelle en cas de lésion artérielle ou veineuse", poursuit le spécialiste. Devant une luxation du genou, il faut immédiatement s'adresser à un service d'urgence ou à un spécialiste (chirurgien orthopédiste) qui prendra les mesures nécessaires pour le traitement.

Diagnostic

Il est le plus souvent posé en observant l'aspect du genou puisqu'il se déforme et enfle. "En cas de luxation antérieure, le tibia saillit en avant ; en cas de luxation médiale, la déformation prend l'aspect d'une baïonnette" détaille notre interlocuteur. "Il peut arriver aussi que la déformation ne soit pas visible, en raison de l'importance du gonflement." Enfin, dans certains cas, la luxation a déjà été réduite (par le patient ou par un intervenant sur le lieu de l'accident) avant même la consultation auprès du chirurgien. Un examen clinique complet du genou, en particulier ligamentaire, est indispensable. La disparition des pouls périphériques, la perte de sensibilité et/ou de la motricité de la jambe doivent faire suspecter une lésion artérielle ou nerveuse. Une artériographie ou une angio-IRM sont alors demandées pour confirmer ou non l'existence d'une lésion vasculaire. Une IRM du genou permet de compléter le bilan pour connaître les lésions ligamentaires.

Traitements : que faire en cas de luxation du genou ?

Le traitement d'une luxation du genou débute, après le bilan clinique et les examens complémentaires de base (radiographie au minimum) par sa réduction qui permet le soulagement de la douleur. C'est un acte réalisé le plus souvent sous anesthésie générale. En complément, le traitement médical associe des antalgiques et/ou des anti-inflammatoires (en l'absence de contre-indication particulière). "En cas de douleur très vive, le spécialiste peut faire usage de molécules plus fortes (morphiniques par exemple) et chez les enfants, des gaz décontractants peuvent être utilisés" propose le Dr Ferreira. Ensuite, une immobilisation de l'articulation est nécessaire pour permettre la cicatrisation des lésions ligamentaires (par plâtre, résine ou attelle) pour une durée de 6 semaines en moyenne.

Opération

Dans les cas de lésions vasculaires, une réparation chirurgicale est généralement nécessaire (suture, pontage…). Pour les atteintes ligamentaires, une intervention peut être envisagée même si elle n'est pas systématique. Idéalement elle a lieu très rapidement après le traumatisme mais peut être différée si cela est nécessaire. Elle consiste en une plastie ligamentaire avec des ligaments du patient (greffe) et parfois des renforts synthétiques.

Rééducation

Avec ou sans intervention chirurgicale, la rééducation est indispensable ; elle est débutée au cours de l'hospitalisation et peut être ensuite poursuivie dans un centre de rééducation ou au cabinet du kinésithérapeute.

Arrêt de travail : durée...

Il est au minimum égal au temps d'immobilisation (6 semaines) ; en cas de chirurgie, il peut être plus long (3 à 6 mois). La reprise des sports ne peut s'envisager qu'après 3 ou 4 mois voire plus en cas de plastie ligamentaire.

Merci au Dr André Ferreira, chirurgien orthopédiste à la Clinique du Parc à Lyon.

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