IMC : formule pour le calculer, normes et limites

L'indice de masse corporelle ou IMC permet de savoir si votre poids est idéal, autrement dit, s'il est adapté à votre taille. Quelle est la formule pour le calculer ? Qu'est-ce qu'un IMC normal ? Quelles normes chez la femme ? Quelles sont les limites de ce calcul ? Comprendre.

C'est quoi l'IMC ?

Inventé dans les années 1840, l'indice de masse corporelle ou IMC permet de savoir si votre poids est idéal, autrement dit, s'il est adapté à votre taille. Cet indicateur est utilisé par les médecins pour évaluer l'état nutritionnel. Il permet ainsi de reconnaître une dénutrition, une maigreur, un surpoids ou une obésité. Le calcul de l'IMC, validé par l'OMS, repose sur une formule mathématique simple.

Formule et calcul de l'IMC

L'indice de masse corporelle (IMC) permet d'estimer le poids idéal en fonction de la taille. Son calcul est simple : il correspond au poids divisé par le carré de la taille (IMC = poids en kg/taille² en m). Le chiffre obtenu permet d'estimer la corpulence et éventuellement le surpoids ou l'obésité chez l'adulte, homme ou femme.

 

Normes : qu'est-ce qu'un IMC normal ?

Un IMC normal est compris entre 18,5 et 25. En dessous de 18,5, l'individu est considéré comme trop maigre. Au-dessus de 25, c'est du surpoids. A partir de 30, on parle d'obésité.

  • IMC < 18,5 kg/m² : insuffisance pondérale
  • 18,5 < IMC < 24,9 : poids normal
  • 25 < IMC < 29,9 : surpoids
  • IMC > 30 : obésité

Pour un IMC égal ou supérieur à 25kg/m² et inférieur à 35kg/m², l'examen clinique devra être complété par la mesure du tour de taille. 

Tableau calcul IMC
© Calcul de l'IMC en fonction du poids. Crédit : sentavio@123RF.com

IMC < 18,5 kg/m² : insuffisance pondérale (maigreur)

Votre poids apparaît trop faible par rapport à votre taille. Ce faible indice de masse corporel (IMC) est peut-être la conséquence d'une pathologie, mais elle-même peut exposer à un certain nombre de risques pour votre santé (carences, anémie, ostéoporose...). Parlez-en avec votre médecin traitant. Il pourra rechercher la cause de cette maigreur et vous conseiller.

18,5 < IMC < 24,9 : poids normal

Votre poids est adapté à votre taille. Gardez vos habitudes alimentaires pour conserver un indice de masse corporel (IMC) idéal et un poids qui vous assure un état de santé optimal. Une alimentation équilibrée, sans excès de matières grasses, associée à une activité physique régulière vous aideront à maintenir votre poids idéal.

25 < IMC < 29,9 : surpoids

Votre poids commence à devenir trop élevé par rapport à votre taille. A long terme, un indice de masse corporel (IMC) élevé a des conséquences sur la santé. L'excès de poids entraîne un risque accru de maladies métaboliques (diabète), cardiaques, respiratoires, articulaires et de cancer. Si vous souhaitez commencer un régime pour perdre du poids, parlez-en au préalable avec votre médecin traitant.

IMC > 30 : obésité

Votre poids est trop élevé par rapport à votre taille. Du point de vue médical, l'obésité est un excès de masse grasse ayant des conséquences sur la santé. L'excès de poids entraîne un risque accru de maladies métaboliques (diabète), cardiaques, respiratoires, articulaires et de cancer. Si vous souhaitez commencer un régime pour perdre du poids, parlez-en au préalable avec votre médecin traitant. A noter que la sévérité de l'obésité dépend de l'indice de masse corporelle (IMC) : elle est dite "modérée" pour un IMC compris entre 30 et 34,9, "sévère" lorsque l'IMC est compris entre 35 et 39,9 et "massive" pour un IMC au-dessus de 40.

IMC femme vs IMC homme : des différences ?

L'IMC d'une femme de 20 ans est-il le même que l'IMC d'une femme de 50 ans ? La formule est-elle identique pour un homme ? La réponse est "oui". Le calcul de l'IMC femme se base sur la même formule que celui de l'IMC homme. En somme, la formule de l'IMC ne prend en compte ni le sexe, ni l'âge. De plus, son calcul ne prend en compte, ni le poids des différents liquides de l'organisme (par exemple, le liquide lymphatique en cas d’œdème), ni la masse osseuse, ni la masse musculaire. En outre, il ne tient pas compte de la répartition des graisses. Ainsi, deux femmes peuvent avoir le même IMC mais des profils de corpulence différents, plus ou moins à risque pour leur santé. Car au-delà de l'IMC, c'est surtout la présence de graisse abdominale qui élève les risques cardiovasculaires. La prise de graisse abdominale est souvent accentuée par des facteurs hormonaux, en particulier chez la femme à partir de 50 ans quand arrive la ménopause.

Le calcul de l'IMC femme se base sur la même formule que celui de l'IMC homme. 

Or, elle ne se voit pas forcément ! En effet, ce n'est pas la graisse sous-cutanée (les bourrelets du ventre que l'on peut pincer entre ses doigts) qui est toxique, mais la graisse abdominale ou graisse viscérale, plus profonde (sous les muscles), qui entoure les organes et qui perturbe leur fonctionnement. Difficile donc de se fier les yeux fermés au seul IMC. Deux hommes, avec des corpulences différentes (un homme musclé, un homme "bedonnant"), pourront avoir le même IMC aussi. Par exemple, les sportifs dont la masse musculaire est très développée auront un IMC élevé sans pour autant présenter un risque d'obésité.

Calcul de l'IMC chez l'enfant et l'adolescent

Chez l'enfant, il faut se référer aux courbes de croissance présentes dans les carnets de santé. Mais attention, la version 2018 des carnets de santé intègre de nouvelles courbes de croissance, différentes pour les filles et pour les garçons et à interpréter selon l'IMC. L'ancienne version du carnet de santé proposait en effet des courbes devenues obsolètes, dans un contexte où les enfants d'aujourd'hui sont plus grands que ceux d'hier. Par exemple, à 10 ans, la médiane de la taille des filles des nouvelles références est de 139,5 cm contre 134,7 cm sur les courbes précédentes. Aussi, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le repérage du surpoids et de l'obésité de l'enfant doit désormais reposer sur le suivi de l'IMC. En outre, la croissance staturale et pondérale des filles et des garçons différant très tôt, on distingue des courbes IMC fille et IMC garçon, dès la période de 0-3 ans, contrairement à la version précédente du carnet de santé qui n'en présentait qu'une seule.

Courbes IMC filles et garçons
© Courbes IMC pour les filles et les garçons. Crédit : CRESS

Les limites du calcul de l'IMC

Le calcul de l'IMC a ses limites :

  • Il n'est pas adapté à la femme enceinte et aux sujets âgés.
  • L'IMC de l'enfant ne se base pas sur la même méthode. 
  • Une déshydratation fait diminuer l'IMC alors que des œdèmes l'augmentent.
  • L'IMC ne précise pas où se loge la masse grasse, celle qui est nocive pour notre santé. Ainsi, une personne très musclée peut afficher un IMC élevé, alors qu'elle n'a pas d'excès de graisses. De nombreux scientifiques estiment que le tour de taille est plus pertinent et prédictif d'un problème de santé car il témoigne d'un excès de graisse abdominale (autour des organes) qui perturbe le métabolisme. L'excès de masse grasse localisé autour du ventre est associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires, indépendamment de l'IMC. La mesure du tour de taille et le calcul de l'IMC seraient ainsi complémentaires.
  • Un IMC "hors normes" est un signal d'alerte incitant à une évaluation nutritionnelle plus détaillée.
  • Il est indispensable de tenir compte de l'évolution de l'IMC dans le temps : une diminution rapide du poids ou de l'IMC doivent conduire à une évaluation du statut nutritionnel avec le médecin traitant.
  • Le calcul de l'IMC n'est qu'un élément de l'évaluation nutritionnelle qui inclut l'examen clinique, l'état de santé et la prise en compte du contexte (sport, grossesse, etc.).

Qu'il s'agisse d'une situation de dénutrition ou d'obésité, le problème de poids ou de statut nutritionnel, donc indirectement d'alimentation, est lié à une multitude de facteurs liés aux habitudes de vie et à l'environnement.

L'IMC moyen en France

Même si la France connaît une situation plus favorable que celle observée dans la plupart des autres pays occidentaux, l'augmentation des prévalences de surpoids et d'obésité chez les adultes depuis le début des années 1980 en a fait un problème de santé publique majeur. De fait, l'excès poids a pour conséquence une augmentation de nombreuses pathologies : maladies cardiovasculaires, diabète, problèmes articulaires, pathologies respiratoires, dépression et même cancers. Actuellement les prévalences du surpoids et de l'obésité continuent d'augmenter, même si cet accroissement semble ralentir. La moitié des adultes est en surpoids ou obèse (un adulte sur six est obèse). On constate néanmoins des disparités en fonction du sexe et de l'âge. En effet, selon une étude de l'Inserm et de l'Assurance maladie (cohorte Constances), dont les premiers résultats ont été livrés en 2016, il apparaît que 41 % des hommes souffrent de surpoids et 15,8 % d'obésité, soit davantage que les femmes, dont 25,3 % sont en surpoids et 15,6 % sont obèses. Au global, en tenant compte à la fois du surpoids et de l'obésité, 56,8 % d'hommes et 40,9 % de femmes sont en surcharge pondérale. Pour l'heure, les chercheurs n'ont pas d'explication claire pour expliquer cette différence entre les sexes, mis à part des facteurs culturels, qui font que les femmes font davantage attention à leur apparence et que les hommes bedonnants jouissent d'une meilleure image sociale que les femmes rondes. Les plus de 60 ans présentent les taux d'obésité les plus élevés (20,8 % pour les hommes et 18,8 % pour les femmes), L'obésité est enfin très fortement corrélée aux inégalités sociales.

Sources :