Ostéophytose (genou, lombaire, cervicale) : quels traitements ?

Maladie invalidante et douloureuse, l'ostéophytose se manifeste par la création de protubérances osseuses appelées ostéophytes ou "becs de perroquet" qui endommagent le cartilage. Que faire quand on est touché ? Réponses avec le Pr Cédric Barrey, chef du service de chirurgie du rachis et de la moelle épinière aux Hospices civiles de Lyon.

Ostéophytose (genou, lombaire, cervicale) : quels traitements ?
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Définition : qu'est-ce que l'ostéophytose ?

L'ostéophytose désigne la présence d'un ou de plusieurs ostéophytes (également appelés "becs de perroquet") qui se forment au niveau des extrémités osseuses, particulièrement en cas d'arthrose. "L'ostéophytose intervient à des stades évolués de l'arthrose, et les excroissances osseuses sont parfois incriminées dans les douleurs articulaires ou une gêne à certains mouvements" explique le Professeur Cédric Barrey, chef du service de chirurgie du rachis et de la moelle épinière aux Hospices civiles de Lyon. Néanmoins, il est souvent difficile de discerner les symptômes générés par l'arthrose en soi, ou les ostéophytes.

Types d'ostéophytose (marginale, cervicale, lombaire...)

Toutes les articulations du corps peuvent être touchées par un ostéophyte. Mais généralement, on les retrouve généralement au niveau des genoux, des hanches, de la colonne vertébrale, en particulier au niveau des vertèbres lombaires (ostéophytose lombaire) et cervicales (ostéophytose cervicale), et sur les doigts. Lorsqu'ils touchent la partie externe d'une articulation, on parle alors d'une ostéophytose marginale. Elle survient quasiment exclusivement dans le cadre de l'évolution de l'arthrose. "Dans la coxarthrose, arthrose de l'articulation de la hanche, l'ostéophytose marginale est fréquente et se localise soit en regard des parties extérieures du cotyle, partie du bassin où s'insère la tête fémorale, soit au niveau de la base de la tête du fémur, à la jonction avec le col fémoral", détaille notre interlocuteur.

Symptômes

Le bec de perroquet n'est pas douloureux en lui-même. Il correspond seulement à un mécanisme réactionnel de l'os pour soulager une pression trop importante sur l'articulation. En revanche, il témoigne d'une maladie articulaire (arthrose par exemple) qui elle s'accompagne souvent de douleurs parfois très importantes et invalidantes, comme des douleurs au genou (ou gonalgie) ou des douleurs lombaires (ou lombalgie). "En fonction de sa taille et de sa localisation, le bec de perroquet peut entraîner une gêne fonctionnelle, marquée par une raideur articulaire", ajoute le Professeur. Mais il reste cependant difficile de distinguer les symptômes spécifiquement liés à l'arthrose de ceux spécifiquement liés à l'ostéophytose. Par ailleurs, au niveau des articulations de la colonne vertébrale, la formation des becs de perroquet peut entraîner une réduction de l'espace du canal vertébral contenant la moelle épinière et les racines nerveuses. Les ostéophytes peuvent parfois comprimer les racines nerveuses issues de la moelle épinière et provoquer des symptômes caractéristiques :

  • Des faiblesses musculaires ;
  • Des paresthésies (sensations anormales faisant penser à des fourmillements) ;
  • Des douleurs neurologiques (sciatique ou cruralgie au membre inférieur et névralgie cervico-brachiale au membre supérieur).

Causes

  • L'ostéophytose est due à l'arthrose qui touche 10 millions de Français (8 personnes sur 10 ont de l'arthrose après 70 ans). Son développement est très souvent lié à la faiblesse du squelette et des articulations. Chez les personnes âgées, le risque de développer cette maladie augmente considérablement. Le risque est également élevé chez les personnes présentant une prédisposition génétique aux maladies rhumatismales.
  • Le surpoids est également en cause. " Les dégénérescences progressent à travers une contrainte articulaire permanente avec une masse corporelle accrue ", rappelle le spécialiste. Un mode de vie sédentaire et une mauvaise hygiène de sommeil peuvent également contribuer à des modifications des os. Un matelas trop mou ou trop épais peut notamment provoquer cette pathologie.
  • L'ostéophytose survient très souvent chez les athlètes exposés à des blessures aux os et aux articulations. Les personnes pratiquant des disciplines sportives telles que le tennis ou la course à pied sont plus susceptibles de présenter diverses dégénérescences ostéoarticulaires.

Examens (radio, IRM, scanner, scintigraphie...)

Une radiographie de la ou les articulation(s) permet le diagnostic. Une IRM, un scanner, une scintigraphie peuvent être réalisés en complément. Le diagnostic électronique est également une méthode de diagnostic. Il est basé sur l'utilisation de dictaphones graphiques et de capteurs pour évaluer la conductivité et les dommages infligés aux nerfs. En plus de l'électro-neurographie, une électromyographie peut être réalisée. Le premier examen évalue l'état du nerf, tandis que le second estime l'activité des fibres musculaires.

Complications

  • Les ostéophytes localisés à l'avant de la colonne cervicale peuvent progresser vers le pharynx et l'œsophage, ce qui peut provoquer des symptômes de dysphagie, un dysfonctionnement de l'épiglotte et une apnée du sommeil. 
  • Les ostéophytes situés à l'arrière de la colonne cervicale peuvent exercer une pression sur la moelle épinière et l'artère cervicale, ce qui peut perturber la circulation sanguine dans le cou et la tête. Cette situation peut s'accompagner de vertiges et d'une perte de conscience lors des mouvements brusques. "En cas de compression de la moelle épinière (on parle de myélopathie), le patient peut présenter des fourmillements au niveau des mains, un manque de force dans les bras ou les jambes, des difficultés pour marcher et/ou des troubles urinaires", complète le médecin.

Quand consulter ?

Dès les premières douleurs, il convient de consulter son médecin traitant. Il effectuera les examens nécessaires pour évaluer l'état du patient. La palpation ne révélera que les ostéophytes volumineux. Pour détecter ceux en cours de croissance, d'autres examens seront nécessaires. Il peut également orienter le patient vers un rhumatologue, le médecin spécialiste de la douleur, des maladies des os, des articulations, des muscles et tendons.

Traitements

Le traitement des ostéophytes est celui de l'arthrose. Il consiste à soulager les douleurs avec des antalgiques et des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des infiltrations de corticoïdes. 

Si la douleur ne s'apaise pas et que les muscles souffrent de crampes, des relaxants musculaires peuvent utilisés. Des complexes de vitamines et de minéraux contenant des vitamines B peuvent être également utilisés.

Des traitements naturels ont une efficacité reconnue pour soulager les douleurs de l'arthrose et ralentir son évolution. Ainsi, le sulfate de glucosamine a une influence positive sur l'évolution de l'arthrose et une efficacité sur la diminution de la douleur. Les acides gras oméga-3 permettent aussi de réduire l'inflammation et la douleur. 

Les patients peuvent aussi avoir recours à la physiothérapie, un groupe de traitements qui comprend la thérapie laser à haute intensité (HILT) qui peut bloquer la douleur et atteindre les tissus profonds et la thérapie par ondes de choc (UHT), basée sur l'utilisation d'ondes acoustiques ou d'ondes choc à basses fréquences. Cette méthode éprouvée est efficace chez la plupart des patients. 90% des personnes interrogées ont déclaré se sentir mieux après le traitement UHT.

Enfin, lorsque les ostéophytes gênent la mobilité ou entraînent des compressions nerveuses ou encore que la douleur n'est pas suffisamment soulagée avec le traitement médical, ils peuvent être retirés de manière chirurgicale. " Le geste chirurgical consiste à retirer en totalité les excroissances osseuses et parfois à remplacer l'articulation arthrosique par une prothèse (prothèse de hanche ou prothèse de genou par exemple) et même parfois à bloquer l'articulation usée (arthrodèse lombaire ou arthrodèse cervicale par exemple, opérations très fréquentes au niveau du dos) ", conclut le Pr Barrey. Cependant, il existe un risque important de récidive des ostéophytes, qui peuvent se reformer progressivement après l'opération.

Fiche réalisée en collaboration avec Pr Cédric BARREY, chef du service de chirurgie du rachis et de la moelle épinière, aux Hospices Civils de Lyon.

Ostéophytose (genou, lombaire, cervicale) : quels traitements ?
Ostéophytose (genou, lombaire, cervicale) : quels traitements ?

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