Paludisme : symptômes, prévention, traitements

Transmise par la piqûre d'un moustique anophèle, le paludisme est la plus fréquente des infections parasitaires dans le monde et aussi l'une des plus graves. Elle tue une vingtaine de personnes chaque année en France. Quels sont ses causes, symptômes et médicaments ? Quelles précautions en cas de grossesse ?

Qu'est-ce que le paludisme ?

"Le paludisme est la plus fréquente des infections parasitaires au monde, et c'est aussi l'une des plus graves" informe le Dr Guillaume Béraud, infectiologue à Poitiers. "On estime que près de 2 milliards de personnes y seraient exposées dans le monde, et on peut imaginer que ce chiffre va considérablement augmenter avec le réchauffement climatique."

Cette affection fébrile est due à des parasites inoculés à l'homme par piqûre d'un moustique de type anophèle. Cette maladie sévère peut être mortelle sans traitement approprié. En 2016, 90% des cas de paludisme, et la même proportion de décès qui y sont dus sont survenus en région Africaine.

Quels sont les symptômes du paludisme ?

  • Le premier symptôme est toujours une forte fièvre, qui apparaît environ 2 mois après la piqûre de moustique. Elle peut être accompagnée de douleurs diffuses, abdominales, articulaires, musculaires, maux de têtes, ainsi que de troubles digestifs (vomissements et diarrhées).
  • Le parasite reste alors dans le corps, au niveau du foie notamment, puis il peut entraîner un accès palustre avec l'apparition de frissons apparaissant brutalement et durant moins de deux heures puis d'une fièvre élevée pendant quelques heures suivie de sueurs importantes. "Ces symptômes vont survenir de façon cyclique tous les deux à trois jours et la périodicité des crises dépend alors de l'espèce de parasite en cause" explique l'infectiologue.
  • Conséquence de l'infestation des globules rouges par le parasite, le patient présentera en plus de la fièvre, un ictère (coloration jaune de la peau) et une splénomégalie (augmentation de la taille de la rate). Des manifestations neurologiques (on parle alors de neuro paludisme) comme des convulsions ou un coma évoquent un paludisme cérébral qui peut entraîner rapidement la mort. En l'absence de prise en charge, si le patient survit, l'évolution peut se faire vers des reviviscences avec des accès qui se répètent plus ou moins régulièrement. 
"Les adultes qui vivent dans les zones infestées peuvent développer une immunité partielle au paludisme, qui leur permettra de faire moins d'accès qu'un touriste fraîchement débarqué. Mais cette immunité disparaît dès qu'ils quittent ces zones pour des déplacements ou un déménagement. Ils devront être vigilants en cas de retour, où ils seront aussi susceptibles à l'infection qu'un touriste."

Causes

Cette pathologie se transmet à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle du genre anophèle, que l'on rencontre généralement sous les Tropiques, en Afrique, en Amérique centrale et du Sud ou en Asie. Une fois dans le corps, le Plasmodium se loge dans le foie et les globules rouges. Il existe plusieurs types de Plasmodium : le Plasmodium falciparum d'une part (qui est responsable des formes graves de paludisme, potentiellement mortelles) et le Plasmodium vivax, ovale et malariae, pouvant être à l'origine de récidives parfois pendant plusieurs années.

Diagnostic

Comme l'observe le spécialiste "on suspecte toujours un paludisme chez une personne qui présente une forte fièvre après un voyage dans une zone tropicale".

Puis, pour poser le diagnostic de paludisme, il faut observer les crises de fièvre, leur intensité et leur fréquence.

Une prise de sang retrouve une diminution des globules rouges, des plaquettes, et une augmentation de la protéine spécifique de l'inflammation, la CRP. L'examen au microscope d'un frottis sanguin par un parasitologue permet de confirmer le paludisme, et de caractériser le type du parasite en cause. 

"Les moustiques véhiculant le paludisme sont plus actifs entre la tombée et le milieu de la nuit"

Prévention

Vaccin

Le vaccin contre le paludisme disponible actuellement est expérimental. "Il semble relativement efficace mais pas complètement, explique le Dr Béraud. Il est réservé aux enfants dans quelques pays d'Afrique dans le cadre de protocoles, mais pas d'actualité dans les pays Occidentaux." Les médicaments antipaludéens, en inhibant l'activité du parasite, limitent les risques d'infections et atténuent considérablement les symptômes.

Médicaments. Il en existe plusieurs types et les trois plus courants sont le Lariam© (méfloquine), la Malarone© (atovaquone), efficaces mais chers et non remboursés, et la doxycycline©, moins cher mais aussi moins efficace. "Les antipaludéens souffrent, à tort, d'une mauvaise réputation, à cause d'effets secondaires répertoriés très rares et largement surestimés, explique l'infectiologue. Ils sont pourtant très efficaces et il ne faut pas oublier qu'une vingtaine de personnes meurent chaque année en France d'un paludisme contracté en voyage."

Par ailleurs, pour être efficaces ces traitements doivent tous être prolongés plusieurs jours voire plusieurs semaines après le retour : "Il arrive qu'une personne présente un accès palustre après son retour parce qu'elle a interrompu son traitement précocement" insiste le spécialiste.

Moustiques. N'oublions pas que la première mesure préventive reste de ne pas se faire piquer par les moustiques. Il existe plusieurs façons de s'en protéger tels qu'une moustiquaire imprégnée d'insecticide pour la nuit, des répulsifs à moustique appliqués sur la peau et des vêtements couvrant (le soir et la nuit). "Les moustiques véhiculant le paludisme sont plus actifs entre la tombée de la nuit et le milieu de la nuit" rappelle le Dr Béraud. Il est également recommandé d'éviter les zones rurales, plus fréquemment infestées.

Traitement curatif

Les traitements au paludisme sont les même qu'en prévention, mais à des dosages plus élevés.

Notons que le parasite en cause dans le paludisme a développé des résistances à l'un des traitements les plus répandus jusqu'alors (choloquine). De nouveaux traitement à base d'artémisinine (issue d'une plante chinoise) s'avèrent aujourd'hui efficace contre le paludisme. Afin de limiter le risque d'émergence de résistance, on évite de les utiliser en prévention.

Paludisme et grossesse

La grossesse favorise le risque d'infection au paludisme et rend la femme plus vulnérable à ses effets. Le risque de mortalité de la mère et du fœtus sont donc accrus. On estime qu'environ 100 000 nourrissons meurent chaque année dans le monde suite à l'infection pendant la grossesse. Pour les formes moins graves, il demeure un risque accru d'accouchement prématuré et de poids trop faible du nouveau-né. Idéalement, les femmes enceintes éviteront les voyages dans les zones infestées. Si nécessaire, certaines associations d'antipaludéens peuvent leur être prescrits sans risque pour le fœtus.

Merci au Dr Guillaume Béraud, infectiologue.

Paludisme : symptômes, prévention, traitements
Paludisme : symptômes, prévention, traitements

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