Cancer du côlon : symptômes, cause et traitement du cancer colorectal

Le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon-rectum, est un cancer très fréquent qui touche essentiellement les personnes âgées de plus de 50 ans. Symptômes, causes, dépistage et traitement... Eclairage du Pr Philippe Marteau, hépato-gastro-entérologue

Définition : qu'est-ce que le cancer du côlon ou colorectal ?

Le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon-rectum, est un cancer très fréquent qui touche essentiellement les personnes de plus de 50 ans : ils représentent 94 % des cancers colorectaux. "il s'agit d'une tumeur maligne qui affecte le côlon ou le rectum, explique le Professeur Philippe Marteau, hépato-gastro-entérologue à l'Hôpital Saint-Antoine à Paris. Le cancer du colon est un cancer qui se développe à partir des cellules de la muqueuse, la paroi interne, du côlon. Neuf fois sur 10, il survient de la dégénérescence d'une lésion bénigne : un polype adénomateux". Dans sa localisation colique, il touche autant l'homme que la femme, mais il est deux fois plus fréquent chez l'homme lorsqu'il atteint le rectum. Il se localise environ dans 7 cas sur 10 au côlon et dans 30% des cas au rectum. Des facteurs alimentaires sont en cause, l'alcool, les graisses animales augmentant le risque, de même que le tabac alors que les fibres alimentaires (fruits et légumes) ont un rôle protecteur.

Il existe également des cas où des facteurs génétiques jouent un rôle fort et notamment certaines maladies familiales comme le syndrome de Lynch et la polypose adénomateuse familiale caractérisée par l'existence de très nombreux polypes sur la muqueuse du côlon ou du rectum, qui évolueront quasiment systématiquement vers la cancérisation avant 40 ans (si un traitement n'est pas effectué). Les polypes sont des lésions potentiellement précancéreuses, d'où leur ablation fréquente à titre préventif. "Des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique entraînent elles aussi un haut risque de développer un cancer colorectal", complète le praticien.

Stades 0, 1, 2,3  ou 4

Le stade (étendue ou degré d'extension du cancer) est compris sur une échelle allant de 0 à 4. Les stades 0, I et II correspondent aux cancers localisés, limités au côlon. Dans ce cas, aucun ganglion n'est touché et il n'y a pas de métastases.

  • stade 0 : la tumeur est de petite taille et non menaçante, elle n'a pas évolué au-delà de la muqueuse
  • stade 1 : la tumeur a envahi les couches superficielles de tissus du côlon ou du rectum, mais elle n'a pas atteint les tissus avoisinants
  • stade 2 : la tumeur a traversé la paroi et a envahi les organes avoisinants sans toucher aux ganglions lymphatiques ;
  • stade 3 : cancers qui ont atteint un ou plusieurs ganglions proches du côlon ou du rectum mais sans atteindre les organes éloignés
  • stade 4 : cancers qui présentent des métastases, c'est-à-dire que la tumeur s'est propagée à des endroits éloignés, le plus souvent dans le foie, les poumons ou les ovaires.

Âge moyen d'apparition du cancer colorectal

L'âge moyen du diagnostic du cancer colorectal se situe aux alentours de 65 ans. La France figure parmi les régions à risque élevé de cancer colorectal, tout comme les autres pays de l'Europe occidentale, l'Amérique du Nord et l'Australie. Les africains et asiatiques sont beaucoup moins touchés.

Causes et facteurs de risque

La plupart des cancers colorectaux sont des dénocarcinome et résultent de la cancérisation d'un adénome, c'est-à-dire d'une tumeur bénigne. Cette transformation peut être favorisée par de nombreux facteurs extérieurs tels que :

• l'âge (à partir de 50 ans),

• le surpoids et l'obésité

• la sédentarité,

• la consommation excessive d'alcool,

• le tabagisme,

• l'alimentation riche viande rouge et charcuteries et pauvre en végétaux ,

• les antécédents de cancer colorectal,

• les maladies inflammatoires de l'intestin,

• l'hérédité

"Il existe un très haut risque de cancer colorectal dans les cas de maladies génétiques telles que le syndrome de Lynch ou la polypose adénomateuse familiale", complète Philippe Marteau.

Symptômes et signes avant-coureur

"Les symptômes sont tardifs : ils n'apparaissent que lorsque la maladie est avancée. Il faut notamment faire très attention au sang dans les selles. On pourra également observer des troubles du transit intestinal, une constipation ou une diarrhée et des douleurs dans le ventre", détaille Philippe Marteau. Souvent, à ce stade, on détecte la présence de métastases.

Comme dans de nombreux cancers, les symptômes ne sont pas spécifiques. Leur chronicité, l'accentuation de leur fréquence et de leur intensité impose un avis médical. Le cancer colorectal, lorsqu'il n'est pas traité, peut se propager vers le foie, les glandes lymphatiques et d'autres parties de l'organisme (métastases).

Dépistage : en quoi consiste le diagnostic du cancer du côlon ?

Qui doit faire un test de dépistage ?

"Le dépistage se fait différemment en fonction du niveau de risque du patient", explique Philippe Marteau. Mais pour tous, un dépistage précoce améliore grandement le pronostic. Tous les deux ans, les personnes, hommes ou femmes, âgés de 50 à 74 ans reçoivent une invitation par courrier pour consulter leur médecin traitant afin de réaliser un test de dépistage immunologique. Le dépistage du cancer colorectal se base sur la pratique du test FIT qui permet de repérer des saignements microscopiques dans les selles.

"Pour les patients à haut risque (rectocolite hémorragique, antécédents familiaux au premier degré), ou à très haut risque (syndrôme de Lynch ou polypose adénomateuse familiale), le dépistage est effectué plus tôt et renouvelé plus régulièrement", précise le gastro-entérologue.

Toucher rectal

En cas de symptômes évocateurs, le médecin peut être amené à pratiquer un toucher rectal, car les tumeurs du rectum sont parfois palpables au doigt. Mais l'examen le plus important dans ce contexte de suspicion est la coloscopie, qui visualise l'intérieur du rectum et du côlon. Souvent pratiquée sous anesthésie générale, elle permet l'étude de la muqueuse et la localisation des polypes ou autres lésions évocatrices. Elle permet également de réaliser des prélèvements pour étude de la lésion, mais aussi d'enlever les polypes, lésions potentiellement évolutives vers un cancer. Après analyse, si un cancer est confirmé, un bilan d'extension est pratiqué, qui correspond à la réalisation de divers examens pour rechercher l'atteinte de ganglions ou d'autres organes par migration des cellules cancéreuses.

Traitements : soigner un cancer colorectal 

Chirurgie et opération

La prise en charge thérapeutique du cancer colorectal dépend de plusieurs paramètres : âge et état général du patient, typologie du cancer, taille et localisation de la tumeur, présence éventuelle de métastases… Lorsque cela est envisageable, le recours à la chirurgie est privilégié. Cette méthode permet, en effet, de retirer la tumeur ainsi qu'une partie des tissus avoisinants afin de limiter les risques de récidive. Elle est le plus souvent réalisée par voie coelioscopique. "On peut se contenter de cette intervention si la tumeur ne s'est pas propagée", explique Philippe Marteau.

Colostomie : création d'un anus artificiel

Ce n'est que dans de très rares cas, qu'une colostomie, création d'un anus artificiel, est nécessaire. Il est possible que des séances de chimiothérapie soient préconisées avant, ou surtout après l'intervention de manière à réduire la taille de la tumeur ou éviter les récidives. La radiothérapie n'est employée que pour les cancers du rectum).

Radiothérapie et chimiothérapie

"Il existe maintenant des thérapies ciblées, qui bloquent les récepteurs de molécules nécessaires à la survie de la tumeur", détaille le gastro-entérologue. Maintenir une activité physique régulière et une alimentation diversifiée est évidemment recommandé. En outre, des recherches sont en cours sur le microbiote intestinal. Mais pour l'instant, ni probiotiques, ni compléments alimentaires n'ont prouvé d'efficacité.

Prévention

Il est possible d'éviter le cancer colorectal notamment en adoptant une hygiène de vie appropriée avec une alimentation saine (peu de viande rouge, de charcuterie et de grillades, mais plutôt du poisson, des céréales complètes, des fruits et des légumes), la pratique régulière d'exercice physique, l'arrêt du tabac et de l'alcool. 
Le développement du dépistage par la recherche de sang dans les selles dès 50 ans autorise une suspicion précoce de ces cancers. Par ailleurs, une coloscopie au moindre doute ou si une personne de la famille a été atteinte d'un cancer colorectal permet également cette découverte anticipée. Dans certaines formes familiales comme la polypose adénomateuse familiale, une ablation précoce des polypes est de rigueur. 

Merci au Professeur Philippe Marteau, hépato-gastro-entérologue à l'Hôpital Saint-Antoine à Paris.

Cancer du côlon : symptômes, cause et traitement du cancer colorectal
Cancer du côlon : symptômes, cause et traitement du cancer colorectal

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