93 médicaments plus dangereux qu'utiles

La revue médicale indépendante Prescrire a publié la liste de 93 médicaments à "écarter pour mieux se soigner" dont 82 commercialisés en France. Leur balance bénéfices-risques étant jugée défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés.

[Mise à jour, 01/02/2019] "Tous les médicaments ne se valent pas." La revue indépendante  Prescrire dévoile le 1er février sa nouvelle liste de médicaments "plus dangereux qu'utiles" qu'il faut "écarter pour mieux soigner". 93 médicaments dont 82 vendus en France y figurent en raison d'une "balance bénéfices-risques défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l'Union européenne".

Pour cette 7e année de publication, Prescrire a établi sa liste à partir des données publiées sur les médicaments entre 2010 et 2018. "Il s'agit d'analyses de nouvelles spécialités pharmaceutiques, de nouvelles indications, de suivis d'évaluation, tant sur les effets indésirables que sur les données d'efficacité, et parfois de réactualisations de données concernant certains effets indésirables d'un médicament." On y trouve ainsi :

  • des médicaments actifs, mais qui exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu'ils apportent. 
  • des médicaments anciens dont l'utilisation est dépassée, car d'autres médicaments plus récents ont une balance bénéfices-risques plus favorable.
  • des médicaments récents, dont la balance bénéfices-risques s'avère moins favorable que celle de médicaments plus anciens.
  • des médicaments dont l'efficacité n'est pas prouvée au-delà d'un effet placebo, et qui exposent à des effets indésirables particulièrement graves.

Pour chaque médicament, la revue propose des alternatives quand elles existent. "Parfois, il s'agit d'une situation clinique, grave ou non, pour laquelle aucun autre traitement avec une balance bénéfices-risques favorable n'est connu, et nous le mentionnons aussi."

Les nouveautés de l'édition 2019 versus 2018 

  • l'arrêt de la commercialisation de la télithromycine (Ketek©), un antibiotique macrolide.
  • la non-présence du sélexipag (Uptravi©), un traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire donc la balance bénéfices-risques est en train d'être réévaluées suite à la publication de nouvelles données.
  • le retrait de médicaments cités précédemment car de nouvelles données ont montré "que leur balance bénéfices-risques n'est pas nettement défavorable" ou qu'ils sont utilisés en options dans de rares situations : olaparib (Lynparza©), omalizumab (Xolair©), mépolizumab (Nucala©), panitumumab (Vectibix©), varénicline (Champix©).
  • l'arrivée de nouveaux médicaments à écarter en 2019 : ulipristal à 5 mg (Esmya©), méphénésine (Décontractyl©, Décontractyl baume©), oxomémazine (Toplexil© ou autre), trinitrate de glycéryle en application locale (Rectogesic©), acide obéticholique (Ocaliva©), cimétidine (Cimétidine Mylan© ou autre). 

L'un des objectifs de ce bilan est d'apporter aux soignants et aux patients, des informations claires, synthétiques, fiables et actualisées, "indépendantes de conflits d'intérêts commerciaux" rappellent les auteurs avant de souligner que les "patients en impasse thérapeutique ne sont pas des cobayes". 

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