L'implant contraceptif : pose et effets secondaires

Discret et extrêmement efficace, l'implant contraceptif diffuse des hormones dans le sang afin d'empêcher l'ovulation. Explications du Dr Claude-Isabelle Blanchet, gynécologue à Paris.

L'implant contraceptif : pose et effets secondaires
© 123RF - Denis Ismagilov

[Mis à jour le 5/07/18] L'implant contraceptif est efficace à 99,9 % (le 0.1 % restant est dû aux cas rarissimes de mauvaises manipulations lors de la pose) et ce, pendant 3 ans au maximum. De par sa longue durée d'action, l'implant est une méthode contraceptive qui ne se choisit pas à la légère. L'implant peut être prescrit aux femmes dont les contraceptifs œstroprogestatifs ou le DIU (dispositif intra-utérin : stérilet) sont contre-indiqués ou qui ont tendance à oublier leur pilule par exemple. "L'implant est contre-indiqué en cas de phlébite, d'embolie pulmonaire, de tumeur sensible aux hormones sexuelles, de saignements vaginaux inexpliqués et de pathologie grave du foie" , précise le Dr Claude-Isabelle Blanchet, gynécologue à Paris. De quoi s'agit-il précisément ? Comment fonctionne-t-il ? A-t-il des effets secondaires ou une influence sur la prise de poids ? Réponses. 

Définition et mode d'action 

L'implant est un petit bâtonnet souple et cylindrique, en plastique, de 4 cm de long et 2 mm de diamètre. Une fois mis en place, l'implant est quasi invisible et ne se sent absolument pas. Quel est son mode d'action ? "L'implant contraceptif est un micro-progestatif qui délivre en continu une hormone féminine : la progestérone est diffusée directement dans le sang, supprimant ainsi le cycle menstruel et l'ovulation. Il ne contient pas d'œstrogènes, contrairement à la pilule ou au patch contraceptif", explique la gynécologue.

Pose d'un implant contraceptif 

Une heure avant la pose, le gynécologue ou le médecin applique une crème ou un patch anesthésique puis, il insère l'implant sous la peau du bras non-dominant (bras gauche si vous êtes droitière et inversement), au-dessus du pli du coude, à l'aide d'une aiguille comme pour un vaccin. La pose d'un implant contraceptif est facile, rapide et ne fait absolument pas mal. La contraception est active 24 h après la pose de l'implant mais il est conseillé de le combiner avec un autre moyen de contraception comme un préservatif lors des 15 premiers jours. Une visite chez le médecin est également conseillée 3 mois après la pose pour vérifier que l'implant ne se perd pas dans le corps. Hormis ce contrôle médical, l'implant ne nécessite pas de suivi particulier.

Retrait de l'implant contraceptif

De la même manière que la pose, le retrait de l'implant s'effectue par un médecin ou un gynécologue, obligatoirement sous anesthésie locale (crème, patch anesthésique et/ou complétée par une injection de lidocaïne, un anesthésique local capable d'inhiber la transmission de l'influx nerveux). Le professionnel réalise alors une petite incision au-dessus de l'implant pour retirer la tige à l'aide d'une petite pince. Retenez que le retrait d'un implant est facile, rapide et indolore. Si vous avez des nausées ou d'autres effets secondaires après avoir retiré l'implant, n'hésitez pas à consulter votre médecin.

Règles, acné... Quels effets secondaires ?

Certaines femmes peuvent avoir une absence totale de règles. Ce n'est pas dangereux pour la santé, mais mieux vaut en parler consulter son médecin pour éventuellement envisager un contraceptif plus adapté.

L'implant peut provoquer de l'acné chez certaines femmes et influer sur le flux de leurs menstruations : certaines auront des règles moins fréquentes, parfois plus courtes ou plus longues que d'habitude. Enfin, "il se peut que des saignements apparaissent, surtout les 6 premiers mois après la pose de l'implant, car le progestatif va également rendre plus mince et plus fragile la paroi interne de l'endomètre (l'utérus) qui peut alors saigner, ce qui peut être gênant et fatigant. Si les saignements sont très fréquents, il est prudent de consulter un médecin", recommande la gynécologue. Par ailleurs, la prise de certains médicaments peuvent le rendre moins efficace : comme ceux pour traiter l'épilepsie, la tuberculose, mais aussi les anti-dépresseurs à base de millepertuis.

Implant contraceptif et prise de poids

La réaction face à une contraception hormonale comme l'implant contraceptif est très variable d'une femme à l'autre : la diffusion de progestérone en continu dans l'organisme entraîne une modification de l'équilibre hormonal et peut ouvrir l'appétit de certaines femmes, tandis que d'autres ne remarqueront pas de changement concernant leur faim ou leur poids. Toutefois, il est vrai que "comme pour toute contraception hormonale (patch contraceptif, anneau vaginale, pilule...), l'implant peut engendrer certains effets secondaires comme la prise de poids chez certaines femmes en surpoids. Pour un poids de plus de 80 kilos, il est conseillé de changer l'implant au bout de 2 ans, la dose d'hormones pouvant être insuffisante pour permettre une protection optimale sur 3 ans", précise l'experte. 

La libido impactée ?

Toutes les contraceptions qui délivrent des hormones peuvent avoir des répercussions sur la libido. Mais encore une fois, cette baisse (ou hausse d'ailleurs) est variable d'une femme à l'autre. Si vous constatez une baisse de libido et que celle-ci vous gêne, parlez-en à votre médecin. En discutant de votre intimité, de votre mode de vie ou de vos antécédents de santé, il pourra vous apporter des explications sur votre baisse de désir et voir s'il n'y a pas d'autres raisons (problèmes de couple, raisons psychologiques, maladies...). Si cela est très problématique pour vous, envisagez une autre méthode contraceptive, éventuellement sans hormones comme le DIU au cuivre.

Prix et remboursement

L'implant est prescrit par un médecin ou une sage-femme, et est délivré en pharmacie sur ordonnance médicale. Son prix indicatif est de 106,44€. L'implant contraceptif est remboursé à 65% par la Sécurité Sociale. Pensez qu'une visite chez votre médecin généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme sera également nécessaire pour poser ce contraceptif hormonal, mais également pour le retirer.

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