Vaccin Covid Enfant : dès 5 ans, qui sont les enfants à risque ?

VACCINATION ENFANT. La Haute Autorité de Santé recommande dès maintenant la vaccination des enfants les plus fragiles âgés de 5 à 11 ans contre le Covid. Jusqu'ici, seuls les plus de 12 ans se font vacciner avec le vaccin Pfizer. Le point sur les annonces.

Vaccin Covid Enfant : dès 5 ans, qui sont les enfants à risque ?
©  CHINE NOUVELLE/SIPA

[Mise à jour le 1er décembre 2021 à 08h01] La vaccination contre le Covid-19 est désormais recommandée dès l'âge de 5 ans pour les enfants "qui présentent un risque de faire une forme grave de la maladie, de décès et ceux qui vivent dans l'entourage d'une personne immunodéprimée ou vulnérable non protégée par la vaccination et n'ayant pas pu être vaccinée" annonce la Haute Autorité de Santé le 30 novembre.  360 000 enfants sont concernés en France. Le 25 novembre, le Committee for medicinal products for human use (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a accordé une extension d'Autorisation de mise sur le marché (AMM) au vaccin Comirnaty® de Pfizer (posologie pédiatrique de 10µg) pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. C'est ainsi le premier vaccin à obtenir une autorisation chez l'enfant. En complément, la HAS recommande de renforcer la prévention de la transmission en milieu scolaire par le maintien des mesures barrières, l'aération régulière des locaux et l'utilisation périodique des tests de dépistage. Les publications suggèrent que les enfants infectés par le SARS-CoV-2 présentent des symptômes moins sévères que les adultes et n'ont, dans la grande majorité des cas, pas besoin de soins hospitaliers. Ainsi, une fois l'infection déclarée, le risque de développer une forme grave chez l'enfant est près de 25 fois inférieur à celui des adultes. Parmi les complications observées chez l'enfant, les "syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques" (PIMS) sont rares mais graves et nécessitent d'être détectés précocement pour enclencher une prise en charge hospitalière. Trois décès directement liés à la Covid-19 ont été recensés chez les enfants âgés de 5 à 11 ans depuis mars 2020. "A la lumière de ces éléments et compte tenu de l'évolution de l'épidémie, la HAS considère que le bénéfice individuel de la vaccination est établi pour les enfants de 5 à 11 ans ayant des comorbidités et qui sont à risque de formes graves de Covid-19 et de décès." Comment faire vacciner son enfant ? Les parents sont-ils obligatoirement consultés ? Doivent-ils être accompagnés ? Reçoivent-ils une attestation de vaccination Pourquoi vacciner les enfants alors qu'ils ne font pas de formes graves de Covid ? Les effets secondaires sont-ils les mêmes que chez les adultes ? Quand en France ? Réponses avec nos experts.

Pour quels enfants dès 5 ans ?

La HAS recommande le 30 novembre d'élargir dès à présent la campagne de vaccination par le vaccin Comirnaty® (avec une posologie adaptée de 10 µg) aux enfants de 5 à 11 ans qui présentent l'une de ces comorbidités : maladies hépatiques chroniques ; maladies cardiaques et respiratoires chroniques (y compris l'asthme sévère nécessitant un traitement continu) ; maladies neurologiques ; immunodéficience primitive ou induite par médicaments ; obésité ; diabète ; hémopathies malignes ; drépanocytose et trisomie 21.

► Elle recommande aussi de vacciner les enfants qui sont porteurs d'une des comorbidités identifiées chez les adultes comme étant associée à un risque de forme sévère de la maladie : cancer récent, maladie rénale chronique, handicap neurologique, etc.

► D'autre part, elle recommande de permettre aux médecins spécialistes d'organes et des maladies rares de proposer la vaccination au cas par cas, à partir d'une évaluation individuelle du bénéfice-risque de la vaccination, s'ils estiment que l'enfant est particulièrement vulnérable face à une infection par le SARS-CoV-2, sans attendre de données publiées spécifiques.
► Conformément à la stratégie dite "de cocooning" déjà recommandée par la HAS et pour le bénéfice indirect que la vaccination apporte, il est préconisé de vacciner les enfants de 5 à 11 ans vivant dans l'entourage de personnes immunodéprimées ou celui de personnes vulnérables non protégées par la vaccination.

La HAS va analyser maintenant la pertinence de l'élargissement de la campagne de vaccination à tous les enfants âgés de 5 à 11 ans.

Quelle est l'efficacité du vaccin Pfizer ?

"Pfizer a annoncé une efficacité de 100% de son vaccin sur les 12-15 ans, poursuit Frédéric Rieux Laucat. Ce résultat fait suite à une étude qui portait sur 2 260 adolescents. Elle a révélé qu'aucun des 1005 jeunes s'étant fait administrer le vaccin n'avait développé de forme symptomatique de la Covid-19. Alors que 16 enfants sur les 978 qui avaient reçu une injection placebo ont été atteints du coronavirus." L'EMA a souligné toutefois que la taille "limitée" de l'essai pourrait avoir laissé échapper des effets indésirables "rares". La HAS a elle estimé que l'efficacité restait à confirmer contre les formes sévères, en particulier les formes avec hospitalisation et décès, qui étaient absentes des essais et que celle sur la transmission virale n'a pas été évaluée dans les essais. Au 28 octobre 2021, près de 8 millions de doses du vaccin Pfizer ont été administrées. Au total, 452 cas graves ont été rapportés après la vaccination, selon l'ANSM"Aucun signal spécifique n'a été identifié chez les sujets les plus jeunes. Au vu des données analysées, le profil de sécurité du vaccin Comirnaty chez les jeunes de 12 à 18 ans est comparable à celui des adultes" conclut l'autorité. L'Agence européenne du médicament (EMA) a validé l'utilisation du vaccin Pfizer/BioNTech pour les adolescents de 12 à 15 ans, vendredi 28 mai 2021. En France, elle a commencé le 15 juin

Quels sont les risques du vaccin Moderna chez l'adolescent ?

Au 28 octobre 2021, plus de 465 000 doses du vaccin de Moderna ont été administrées chez les 12-18 ans. 38 cas graves ont été rapportés après la vaccination, indique l'ANSM. Le 8 novembre, la Haute Autorité de Santé "recommande, pour la population âgée de moins de 30 ans et dès lors qu'il est disponible, le recours au vaccin Comirnaty® qu'il s'agisse de primo vaccination ou du rappel" plutôt que le vaccin de Moderna.  Les dernières données de pharmaco-épidémiologie transmises par l'ANSM et l'Assurance maladie dans le cadre de l'étude Epi-PHARE confirment le risque de survenue de "très rares" cas de myocardites d'évolution favorable. Dans la population de moins de 30 ans, ce risque apparaît environ 5 fois moindre pour le vaccin Comirnaty® de Pfizer comparativement au vaccin Spikevax® de Moderna (100 µg) chez les 12-29 ans, tranche d'âge pour laquelle l'excès de cas par million est le plus élevé (131,6 par million de cas pour Moderna versus 26,7 pour Pfizer). Ces résultats sont concordants avec ceux issus des données américaines. Ces cas sont survenus principalement dans les 7 jours suivant la vaccination, plus souvent après la seconde dose, et plus souvent chez des hommes de moins de 30 ans. Le vaccin Moderna avait été autorisé en France aux mineurs le 28 juillet par la Haute Autorité de Santé après le feu vert donné par l'Agence européenne du médicament. Le vaccin de Moderna avait obtenu une extension d'AMM pour la population des 12-17 ans sur la base d'un essai clinique mené aux Etats-Unis rassemblant 3 726 participants de cette tranche d'âge. Les résultats de cet essai ont montré une efficacité vaccinale chez les adolescents de 93,3 % sur les cas de Covid-19 apparaissant au moins 14 jours après la 2ème dose. Compte tenu du faible nombre de patients atteints de la Covid-19 dans l'étude, la HAS a noté que l'efficacité restait toutefois à confirmer contre les formes sévères (notamment les PIMS), pour réduire les hospitalisations et la mortalité, ainsi que contre l'infection asymptomatique ou la transmission virale. Le profil de tolérance du vaccin Spikevax® y apparaissait globalement satisfaisant. "Ces données rassurantes portent toutefois sur un effectif qui ne permet pas d'exclure des évènements indésirables très rares" précisait la HAS. Ce qui s'est passé avec la survenue de myocardite et de péricardite.

"Les moins de 11 ans, scolarisés en primaire, contribuent peu à la dynamique de l'épidémie"

Quelles sont les conditions de vaccination pour les mineurs ?

La vaccination contre le Covid est possible pour les enfants de 5 à 11 ans présentant un risque de faire une forme grave de Covid et pour tous les mineurs âgés de 12 à 17 ans, en centre de vaccination, chez leur médecin traitant (généraliste ou spécialiste), en pharmacie, en cabinet infirmier ou sage-femme. Seul le vaccin Pfizer est administré.

Pour se faire vacciner :

  • Prendre rendez-vous dans un centre de vaccination Covid (sur Doctolib...). Les 15-17 ans peuvent prendre rendez-vous eux-mêmes. Les 12-14 ans ne peuvent pas prendre seuls un rendez-vous de vaccination.
  • Les adolescents de plus de 16 ans peuvent décider seuls de se faire vacciner, sans autorisation parentale.
  • Pour les autres, l'accord d'un seul des deux parents, ou des responsables légaux suffit. Le ou les parents doivent donner leur accord en remplissant une attestation téléchargeable sur le site du ministère de la Santé.
  • La présence d'un parent pendant la vaccination de l'adolescent est recommandée mais n'est pas obligatoire. Si le mineur vient seul, il doit impérativement présenter l'autorisation parentale à la vaccination contre le Covid-19 remplie et signée par au moins l'un des deux parents pour se faire vacciner, sauf s'il a plus de 16 ans.
  • Les mineurs, même s'ils ont plus de 16 ans et disposent d'une carte vitale à leur nom, doivent présenter la carte vitale d'un de leurs parents ou une attestation de droit mentionnant le n° de sécurité sociale d'un de leurs parents. Cette précaution est nécessaire pour assurer le bon remplissage de l'outil Vaccin Covid.
  • Chaque injection entrainera la remise d'un certificat de vaccination. Les certificats de vaccination des mineurs peuvent être stockés de manière électronique dans l'application TousAntiCovid de l'enfant ou de l'un des parents.

La vaccination des adolescents est gratuite, au même titre que pour le reste de la population française. La vaccination n'est pas recommandée pour les adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à la suite d'une infection à la Covid-19 de se faire vacciner conformément à l'avis du 11 juin 2021 du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

Peuvent-ils être vaccinés en pharmacie ?

Oui, les mineurs peuvent être vaccinés en pharmacie.

A quel âge ?

La vaccination contre le Covid est possible à partir de 5 ans pour les enfants fragiles à risque de faire une forme grave de Covid et pour tous ceux de 12 ans et plus sans distinction. "Il faut distinguer plusieurs groupes au sein des mineurs, explique le Dr Kochert. Les enfants et les adolescents ne sont pas à risque de forme sévère de la Covid-19, en dehors de ceux qui sont porteurs d'une maladie chronique sous-jacente (déficit immunitaire, maladie grave …). Les moins de 11 ans, scolarisés en primaire, contribuent peu à la dynamique de l'épidémie. La contagiosité augmente avec l'âge, les grands adolescents ont une contagiosité qui se rapproche de celle des adultes". 

Combien de doses ?

Le schéma vaccinal pour les enfants est le même que celui pour les adultes à savoir 2 doses espacées de 3 à 7 semaines.

Doivent-ils être accompagnés ?

La présence d'un parent pendant la vaccination de l'adolescent est recommandée mais n'est pas obligatoire, a précisé la DGS le 18 juin. Si le mineur vient seul, il doit impérativement présenter l'autorisation parentale à la vaccination contre le Covid-19 remplie et signée par au moins l'un des deux parents pour se faire vacciner, sauf s'il a plus de 16 ans. Dans ce cas, l'accord parental n'est pas nécessaire.

L'autorisation parentale est-elle obligatoire ?

L'autorisation d'un des deux parents est nécessaire à la vaccination des mineurs de 12 ans à 15 ans inclus. Le ou les parents doivent donner leur accord en remplissant une attestation téléchargeable sur le site du ministère de la Santé. Les mineurs de 16 ans et plus peuvent accéder à la vaccination sur la base de leur seul consentement donc sans l'autorisation de leur parent.

  • Pour les jeunes à haut risque de forme grave de Covid-19 du fait d'une pathologie dont ils sont atteints, le professionnel vaccinateur doit s'assurer de l'autorisation donnée par au moins un des titulaires de l'autorisation parentale pour administrer le vaccin, sauf s'il a plus de 16 ans.
  • Si le mineur vient seul pour se faire vacciner, il doit présenter l'autorisation parentale à la vaccination contre le Covid-19 remplie et signée par au moins l'un des deux parents pour se faire vacciner, sauf s'il a plus de 16 ans.
  • Le formulaire d'autorisation parentale à la vaccination contre la Covid-19 doit être rempli et signé avant l'arrivée ou à l'arrivée dans le centre de vaccination rappelle la DGS le 13 juin.
attestation autorisation parentale vaccination covid
Autorisation parentale à remplir pour la vaccination des 12-17 ans en France contre le Covid © Ministère de la Santé

Les mineurs reçoivent-ils aussi une attestation de vaccination ?

Chaque injection d'un vaccin Covid, qu'il s'agisse d'une personne mineure ou pas, entraine la remise d'un certificat de vaccination. Les certificats de vaccination des mineurs peuvent être stockés de manière électronique dans l'application TousAntiCovid de l'enfant ou de l'un des parents et servir de pass sanitaire à la rentrée.

Pourquoi vacciner les enfants ?

Les adolescents développent moins de formes graves de la Covid-19 : en France, 4 295 hospitalisations et 737 admissions en soins critiques ont été répertoriées depuis mars 2020 chez les personnes âgées de moins de 18 ans (1,1% du total des hospitalisations et 0,9% du total des admissions en soins critiques), souligne la HAS le 3 juin 2021. La majorité des formes sévères chez les adolescents est associée à la présence d'une comorbidité (entre 45 à 75% des cas selon les études). "En revanche, les fermetures de classes ou d'établissements liées à la circulation du virus ont un impact particulier sur les adolescents, qui peut être important" rappelle l'autorité. Quel est alors l'enjeu de la vaccination des plus jeunes lorsque l'on sait que le risque individuel de faire une forme grave est faible ? 

► un bénéfice individuel direct "car même si elles sont rares, des formes sévères de Covid-19 peuvent survenir chez les adolescents, et particulièrement ceux qui ont des comorbidités" explique la HAS.

un bénéfice individuel sur le plan psychologique et social, en évitant les fermetures de classes et d'établissements et leurs effets sur la santé mentale et les ruptures d'apprentissage des adolescents.

un bénéfice collectif : leur vaccination "va participer au mouvement d'immunité collective qui nous permettra de limiter les fermetures de classes à la rentrée, de protéger les ados qui parfois peuvent développer des formes symptomatiques" a expliqué Olivier Véran le 2 juin sur TF1. "La moitié des mineurs ont une forme asymptomatique de la maladie, et l'autre une forme mineure sous forme de syndrome grippal", rappelle Frédéric Rieux Laucat, chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies auto-immunes pédiatriques et chef d'équipe à l'Institut Imagine.

un bénéfice collectif "pour protéger l'entourage de ces adolescents : les personnes âgées, les personnes vulnérables de leur famille/entourage, leurs camarades exposés à un risque de formes graves du fait de comorbidités…" explique le Dr François L'Hériteau, PH – Infectiologue au Centre d'appui pour la prévention des infections associées aux soins d'Ile-de-France (CPias Ile-de-France).

"Les vacciner contribuera à freiner l'épidémie confirme Frédéric Rieux Laucat. Si on laisse une partie de la population, qui pèse 17% de la population totale en France, sans protection, le virus va continuer à se propager et pourra constituer une source de réinfection auprès d'adultes plus fragiles." Un avis que partage notre pédiatre. "Le risque c'est de voir circuler des variants au sein des tranches de population non vaccinées, avec un risque d'apparition de souches résistantes aux vaccins actuels. Pour sortir de la pandémie, nous devons arriver à une immunité collective de l'ordre de 90 % de la population – c'est le seuil de personnes immunisées (soit après avoir été contaminées ou après vaccination), qui permet d'arrêter la circulation virale ; les virus ne rencontrent plus suffisamment de personnes à infecter, ce qui les empêche de se répliquer et de continuer à circuler", conclut le Dr Kochert.

N'y a-t-il pas de risque à administrer des vaccins à ARN chez les enfants ?

"Le vaccin à ARN Messager est une vraie révolution technologique, assure Frédéric Rieux Laucat. Il n'y a pas de raison de s'inquiéter de son utilisation chez l'enfant, ni même chez l'adulte. Après injection, ces ARN messager disparaissent très vite de l'organisme. Leur rôle est d'apprendre au système immunitaire à produire la protéine Spike (spicule) pour fabriquer un antigène spécifique du coronavirus. Ensuite, ils disparaissent. Il n'y a aucun risque qu'ils viennent modifier le génome car l'ARN Messager est un constituant naturel de nos cellules, une photocopie de nos gènes qui disparait sans s'insérer dans nos chromosomes."

Pour rappel, les nourrissons et les enfants reçoivent déjà différentes typologies de vaccins :

  • Vaccin à vecteur viral (comme AstraZeneca) : Ebola…
  • Vaccin vivant atténué : rougeole, oreillon, rubéole, varicelle…
  • Vaccin conjugué : méningo C, Haemophilus, pneumocoque…
  • Vaccin recombinant : méningo B…

L'immunité est différente chez les enfants : quel impact sur l'effet de la vaccination ?

"Les tout-petits ont en effet une immunité non spécifique très entrainée, qui ne passe pas par les anticorps, détaille la pédiatre. C'est ce qu'on appelle l'immunité de 1ère ligne : les cellules de l'immunité vont tout simplement neutraliser l'infection. Les enfants auront alors de la fièvre ou de la toux. C'est en partie grâce à cette immunité " armée " de première ligne que les enfants ne développent pas de forme grave de la Covid-19." Avec l'âge, l'immunité de l'enfant devient spécifique. "Il va développer des anticorps et une mémoire immunitaire spécifique vis-à-vis des différents micro-organismes, après avoir été en contact avec l'agent infectieux (en ayant été malade ou porteur asymptomatique) ou après vaccination."

Quels sont les effets secondaires ?

Selon le Dr L'Hériteau "les effets indésirables ne sont pas exceptionnels mais sont le plus souvent modérés et transitoires. Le plus fréquent est la douleur au point d'injection. Les effets systémiques les plus fréquents sont des maux de tête et une fatigue. En sachant que ces effets sont survenus aussi (quoique moins fréquemment) chez les adolescents ayant reçu une injection de sérum physiologique (dans l'étude test mené par Pfizer aux Etats-Unis, ndlr). Plus rarement, peut survenir de la fièvre. Qui régresse sous antipyrétiques (paracétamol..)". Fin octobre, l'ANSM n'a enregistré aucun signal spécifique chez les sujets les plus jeunes vaccinés. Pour autant, le 8 novembre, la HAS a quand même décidé de privilégier la vaccination avec Comirnaty plutôt que Spikevax chez les 12-29 ans à condition d'un risque très rare mais confirmé de myocardites. "Ce risque apparaît environ 5 fois moindre pour le vaccin Comirnaty® de Pfizer comparativement au vaccin Spikevax® de Moderna (100 µg) chez les 12-29 ans, tranche d'âge pour laquelle l'excès de cas par million est le plus élevé (131,6 par million de cas pour Moderna versus 26,7 pour Pfizer). Ces résultats sont concordants avec ceux issus des données américaines. Ces cas sont survenus principalement dans les 7 jours suivant la vaccination, plus souvent après la seconde dose, et plus souvent chez des hommes de moins de 30 ans.

Merci au Docteur Fabienne Kochert, pédiatre à Orléans et Présidente de l'AFPA (Association de Pédiatrie Ambulatoire), à Frédéric Rieux Laucat, chercheur Inserm spécialiste des maladies auto-immunes pédiatriques et chef d'équipe à l'Institut Imagine pour leur participation et au Dr François L'Hériteau, PH – Infectiologue au Centre d'appui pour la prévention des infections associées aux soins d'Ile-de-France (CPias Ile-de-France).

Sources :

Covid-19 : la HAS recommande la vaccination des enfants fragiles. Communiqué de presse. 30 nov. 2021

Covid-19 : la HAS précise la place de Spikevax® dans la stratégie vaccinale. Communiqué de presse mis en ligne le 8 novembre 2021. 

Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19 - Période du 17/09/2021 au 30/09/2021. ANSM

"Covid-19 : la vaccination des adolescents présente des bénéfices individuels et collectifs", communiqué de presse de la HAS mis en ligne le 3 juin 2021.

Ouverture de la vaccination aux enfants de 12 ans et plus à partir du 15 juin 2021, DGS, 13 juin 2021.

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