Gammaglobuline : c'est quoi ?

Les gammaglobulines sont un type d'anticorps. Il existe plusieurs types de gammaglobulines, et leur augmentation ou diminution peut être le signe de diverses maladies. Taux élevé, taux bas, normes... Tout comprendre pour bien décrypter ses analyses.

Définition : les gammaglobulines, c'est quoi ?

Les gammaglobulines (GG) "sont un type d'immunoglobulines (ou Ig). Il s'agit de protéines dans le sang qui servent au système immunitaire pour se défendre contre les agressions des microbes", explique d'emblée le Dr Romain Troalen, médecin généraliste. C'est ce qu'on appelle également les anticorps. "Il existe plusieurs types de gammaglobulines : les IgG, qui constituent la grande majorité de nos anticorps, ainsi que les IgM, IgD, IgA et IgE. Elles sont fabriquées par les lymphocytes B, de la famille des globules blancs. Les gammaglobulines sont identifiées grâce à l'électrophorèse des protéines sanguines ", ajoute le généraliste.

Rôle des gammaglobulines

Les gammaglobulines interviennent dans le cadre du système immunitaire. Une immunoglobuline a pour fonction de se fixer sur l'agresseur à la fois pour l'immobiliser grâce à sa structure lourde, et pour en prendre une sorte d'empreinte. L'agresseur, une fois immobilisé, et quelle que soit sa nature, prend le nom d'antigène. L'immunoglobuline prend celui d'anticorps. Cette association antigène-anticorps forme un complexe facilement repérable par les cellules de l'immunité, qui viennent les détruire. Les gammaglobulines peuvent aussi être utilisées comme traitements pour renforcer une immunité déficiente. Elles sont alors obtenues à partir du plasma sanguin de donneurs.

Dosage et taux normal

Les gammaglobulines sont dosées en pratique clinique par électrophorèse des protéines sanguines. Certains laboratoires demandent de venir faire le prélèvement à jeun. Les résultats normaux sont compris entre 8 - 16 g /l. Quand ils augmentent ou diminuent, cela peut être le signe d'un grand nombre de maladies.

Pic de gammaglobulines (GG hautes)

Les gammaglobulines existent sous plusieurs formes. Lorsqu'il y a une augmentation d'un seul type de gammaglobulines, on appelle cela une augmentation monoclonale, et quand il y a une augmentation de tous les types de gammaglobulines, on appelle cela une augmentation polyclonale.

Les grandes causes d'une augmentation polyclonale peuvent être :

  • Les maladies hépatiques (donc maladies du foie)
  • Les maladies inflammatoires chroniques
  • Les maladies auto-immunes.  

Les grandes causes d'une augmentation monoclonale sont :

  • Premièrement, la gammapathie monoclonale de signification indéterminée (GMSI). "Elle concerne 60% des cas d'augmentation monoclonales. Elle n'engendre pas de signes cliniques, en fait on ne sait pas d'où vient cette augmentation", précise le médecin. Il faut donc la surveiller, " d'autant plus qu'on sait qu'un petit pourcentage va donner un lymphome ".
  • Des hémopathies malignes, principalement myélome et Waldenström, mais aussi le lymphome, la leucémie plasmocytaire etc.
  • Les gammapathies monoclonales non associée à une pathologie lymphoïde : elles englobent les infections à virus, c'est-à-dire CMV, VIH et VHC (hépatite C) ainsi que des hépatopathie chroniques, qui concerne les maladies auto-immune, les déficits immunitaires acquis (greffe) ou congénitaux (de naissance), la maladie de Gaucher et les cancers.

Diminution des gammaglobulines (GG faibles)

On appelle une diminution de taux de gammaglobulines une hypogammaglobulinemie. Cette diminution est significative quand on descend en dessous de 5g par litres, ou si elle est symptômatique. Il y a trois mécanismes qui entraînent une diminution des gammaglobulines :

  • Un déficit de production, qui peut être "d'origine génétique, ce qui s'appelle un déficit immunitaire primitif, explique le docteur Troalen, ou origine médicamenteuse, ou encore lié à la maladie de Keuching qui est une anomalie de synthèse de cortisone, ce qui entraîne un excès de cortisone". Il y a aussi les hémopathies lymphoïdes, qui regroupent la leucémie lymphoïde chronique, le lymphome, le miellome…
  • Une fuite protéique, "ce qui signifie perdre des protéines de manière générale", explique le docteur. "Cela est très fortement évoqué comme cause quand on a une association d'une hypogammaglobulinemie et d'une hypoalbuminérie." Les causes quasi-exclusives d'une fuite protéique sont le syndrome néphrotique et les entéropathies exsudatives, "ce sont des maladies de l'intestin qui font sécréter des protéines", précise le docteur.
  • La troisième grand cause est la dénutrition sévère.

Gammaglobuline et allergie : avoir recours à des injections

Une transfusion ou injection de gammaglobuline peut être nécessaire dans plusieurs situations : "en cas d'allergies, ou d'asthme, mais aussi dans certains cas en fin de grossesse, par exemple s'il y a incompatibilité materno-fœtal de rhésus, mais aussi chez les personnes qui ont une hypogammaglobulinémie importante". En effet, si le taux de gammaglobulines est trop bas, il est indispensable de transfuser pour que le patient puisse se protéger contre les microbes.

Merci au Dr Romain Troalen, médecin généraliste.

Gammaglobuline : c'est quoi ?
Gammaglobuline : c'est quoi ?

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